Où suis-je?

Une contrée inconnue de tous s'élève, née d'un esprit tordu qui prend source aux confins de l'écriture. Ce royaume suspendu entre vos mondes s'apprête à exploser, à envahir vos âmes et vos coeurs de sa flamboyance. Le talent y est roi, l'ambition devient reine. Quelques princes combatifs et teigneux entourent ces souverains, prêts à prendre les armes pour défendre et conquérir : l'espoir, le cynisme, l'humour, l'amour... Leurs princesses frêles et fragiles ne peuvent quitter cette île, restent tranquille, abreuvent les mots de patience, finesse et tendresse, alimentent la plume de passion, colère et douceur.

Le royaume existe par la contradiction qui le caractérise et tous en jouent, acceptent l'absence de règle et se laissent porter par les humeurs, parfois la peur, souvent douceur, oublient malheur.

Ses deux messagers sont investis d'une lourde tâche. Essentielle. Communiquer. Ce royaume disparaît sans eux. De même qu'il se meurt sans univers à parasiter, analyser, décortiquer.
Il se meurt, son âme se meurt.

Cette âme qui vous parle en ce moment...


L'antagoniste roi délivre son message au miel et au piment :


"Portez donc par terres et mers
    La candeur et la colère
        La douceur et l'amer
           De notre âme mère."

PimenT
MieL
Vendredi 22 août 2008
   Je n'y tiens plus. Je ne peux résister plus longtemps à mes pulsions de râleur. Sapristi ! Depuis deux jours on nous inflige les mines déconfites et les tons gravissimes pour évoquer la mort de 10 soldats français (FRANCAIS !!) en Afghanistan. Bon je reconnais que j'y suis un peu pour quelque chose étant donné que je persiste malgré tout à écouter/regarder les informations. Je me dis qu'il doit bien se passer dans le monde autre chose que ce tragique incident.

   Oui, il y a les JO. Et les français se vautrent. Dans ce grand pays merveilleux. No comment.

   Pour en revenir au sujet, non, apparemment il ne se passe pas grand chose d'autre. Alors vu qu'on s'ennuie un peu et qu'on ne va pas monter une cérémonie pour un obscur lutteur gréco romain qui a pécho une médaille d'or, on se fend d'une cérémonie nationale en l'honneur des héros morts pour la patrie (ce qui soit dit en passant nous a privé de JO pendant une bonne heure, un véritable scandale). Et puis tant qu'à faire on en met plein les yeux, strass et paillettes tout ça, on les fait chevaliers de la légion post-mortem. En France, si tu veux la légion de ton vivant, il suffit pourtant de vendre plein de disques à des beaufs. C'est quand même pas si compliqué...

   Bizarrement je me trouve moyennement touché par le décès de 10 types qui se sont engagés, qui quelque part ont confié leur existence à l'armée, pour défendre la patrie (en gros). Sans déconner. C'est pas comme s'ils étaient tombés dans une embuscade en Suisse. Loin de moi l'idée de prétendre comprendre l'intégralité des tenants et aboutissants de la géopolitique moderne, mais il me semble que l'Afghanistan n'est pas la destination la plus sûre qu'on puisse trouver.
   On impose à ces gens une présence militaire. Ils ont beau être très très méchants, j'estime qu'ils ont le droit de ne pas être d'accord. Ils sont un peu chez eux quand même. Attention, je ne remets pas en cause le procédé consistant à aider les innocents à se défendre contre les oppresseurs en envoyant des troupes sur place. Grandes puissances, paix dans le monde, etc... On a pas encore trouvé mieux. Soit.

   Résumons :

1) Les types s'engagent dans l'armée et suivent un entraînement super pointu, encadrés par des soldats d'élites. Ils sont fin prêts à faire la guerre.

2) On les envoie en mission dans un des coins les plus explosifs de la planète. Ils savent que sur place les attendent des méchants pas trop d'accord sur le principe.

3) Ils sauvent le monde, tuent tous les méchants, et rentrent chez eux en un seul morceau avec des colliers de fleurs autour du cou.

   OU

3) Ils font la guerre, quelques échaufourrés éclatent deci de à pour rigoler un peu, et ils finissent pas se faire attraper par des méchants.

   Quel 3) vous semble le plus plausible ? Le deuxième hein ? Je m'en doutais. Conclusion : on pouvait quand même s'y attendre un petit peu et ne pas en faire des caisses quand on rapporte l'information.

   Ce qui me fascine aussi c'est qu'en bons Français que nous sommes on cherche des excuses et/ou des responsables. On va dire qu'ils ne jouaient pas à domicile, que le terrain était un peu lourd, que le colonel s'est foulé la cheville il y a trois mois et que du coup il n'était pas au top, que l'arbitre n'a pas vu le hors jeu du mec avec son lance-roquette, que c'est terrible d'envoyer de si jeunes gens peu expérimentés se faire descendre...

   Attardons nous un peu sur cette dernière excuse. Ca me fait un peu penser au vigile à l'entrée d'une boîte tendance :

"- Soirée réservée aux habitués.
 - Ah. Et si je peux pas rentrer je m'habitue comment ?
 - Circulez monsieur."

   A un moment donné pour être expérimenté faut bien la faire, la guerre. Ben oui c'est dangereux. C'est plus dangereux que les fausses batailles dans le petit bois à côté de la caserne. Et puis si on devait envoyer que les soldats d'élites qui ont "connu le feu" quelque chose me dit qu'on en trouverait assez peu. Il ne reste pas assez de poilus ? Ah, on me fait signe qu'ils sont tous morts. Merde. Ca nous aurait fait de la belle armée expérimentée ça.

   Je respecte ces personnes, je respecte leur choix de s'engager (même si j'avoue avoir beaucoup de mal avec ces histoires d'armée), et je compatis à la douleur des familles évidemment, tout cela n'enlève rien au fait qu'ils ont perdu un être cher, mais quand même. Les gentils ne gagnent pas toujours contre les méchants. Les Français ne gagnent pas toujours (mouarf !). La guerre c'est pas marrant du tout. C'est même une sacré belle saloperie. Fallait bien que ça arrive un jour les mecs. Et vous savez quoi ? Y a des chances que ça se reproduise tant qu'on enverra des soldats Français prendre part à des conflits armés, à des guerres quoi... C'est chiant à dire mais c'est le boulot qu'ils ont choisi.

   Tout ça pour dire que ça m'émeut beaucoup plus , par exemple, quand un soldat en démonstration tire à balles réelles dans la foule et que personne n'est capable de l'expliquer... Enfin moi j'dis ça...

Par PimenT - Publié dans : Le PimenT PiQuE
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Mercredi 2 juillet 2008
    Préambule : Ce texte a quelques mois. Je l'avais laissé inachevé. Je le reprends compte tenu de l'actualité, et malgré le fait que je le trouve un brin morbide. Bah, mes lecteurs ne sont pas des chatons mignons portant sur le monde un regard noyé par l'innocence. L'actualité : le gilet jaune et le triangle. Ca y est je suis officiellement hors la loi. Je n'ai pas le fatidique gilet jaune dans la voiture. Par contre je dispose bel et bien d'un triangle, et ce depuis fort longtemps. Héhé. (Il est dans mon garage.) Je ne m'étendrai pas pour le moment sur les sentiments que m'inspirent cette mesure, peut-être une autre fois. Cela dit, venons en au fait, un jour j'enfilerai mon gilet jaune...

    Un jour je sentirai le souffle chaud de l'extrême parcourir mon échine. Un jour je m'exposerai au danger. Un jour j'expérimenterai une réduction drastique de mon espérance de vie. Presque une "near death experience" (oui, presque presque). Un jour je me tiendrai sur la bande d'arrêt d'urgence d'une autoroute et je ne frémirai pas, contemplant mon espérance de vie toute neuve de 20 minutes.

    J'ai souvent entendu dire que sur la bande d'arrêt d'urgence d'une autoroute l'espérance de vie d'un piéton n'est que de 20 minutes. Jusqu'à aujourd'hui j'acceptais l'information d'une oreille distraite, sans me poser de question. Mais la vivacité inégalable de mon esprit m'enjoint en ce jour à m'interroger sérieusement (ou pas) sur les origines de ce nombre inquiétant. D'où vient-il ? Quelle est son histoire ?

    J'imagine aisément que nous avons ici à faire à une jolie petite crotte de statisticien. Je n'ai rien contre les statistiques mais considère que la prudence est de mise ; car un fiéfé spécialiste dénué de scrupules a le pouvoir de manipuler les résultats dans le but, avoué ou non, de tromper n'importe quel profane qui ne dispose pas d'une solide formation et de toutes les données mises en jeu. En même temps, à sa décharge, le profane n'a pas envie d'en savoir plus pour la simple et bonne raison que l'exercice peut rapidement s'avérer complexe et chiant. Surtout chiant. Et complexe...

    L'Etat d'ailleurs ne se prive pas de nous abreuver de statistiques censées prouver l'efficacité de son action en matière de sécurité routière. Terrain glissant, ce n'est pas le propos...

    Revenons à nos 20 minutes. Il paraît évident que c'est une moyenne. Je vois deux solutions :

    1) On fait appel à un échantillon représentatif de la population comme pour un sondage. Ces personnes sont convoquées par une autorité supérieure et ne peuvent décliner l'"offre". Il vont se sacrifier pour le bien de la nation. Ces citoyens sont envoyés sur les bandes d'arrêt d'urgence des autoroutes de France, au hasard, dispersés. Oui on les disperse. Imaginez un groupe de 1000 personnes marchant au bord de l'A4 ! Les résultats seraient faussés. Il ne faut en effet en aucun cas que les automobilistes soient perturbés. Il est nécessaire qu'ils se comportent normalement. Donc on disperse. Eventuellement on imagine quelques scénarios en introduisant par exemple une voiture en panne avec pour mission de la réparer/faire réparer.

    Il ne reste plus qu'à observer. Les observateurs, eux, sont du côté sécurisé de la glissière de sécurité (comme le bon sens l'indique), et notent les heures de décès. Par contre je ne sais trop ce qui arrive dans le cas où le cobaye ne meurt pas immédiatement sur le bord de la route mais quelques heures plus tard à l'hôpital. Quelle est alors l'heure significative ?

    Cette solution me paraît peu probable. Quand décider d'arrêter l'expérience ? Car il me paraît peu probable que tout l'échantillon y passe rapidement (mais si !! au bout de 20 minutes on te dit). On ne peut se permettre de laisser ces pauvres gens mourir de faim sur la BAU. Ce serait tout simplement cruel, voire monstrueux. N'est-ce pas ?
    Peut-être suffit-il de coupler l'expérience avec le temps moyen que les secours mettent pour arriver sur les lieux d'une panne ou d'un accident contraignant les victimes à errer sur la BAU. Dans cette hypothèse, il suffit d'arrêter l'expérience au bout de cette durée, considérant que ceux qui n'ont pas succombé seraient alors tirés d'affaire. On compile seulement les données des décédés, les survivants ne pouvant se voir attribuer une durée de vie infinie.

    2) On part du principe qu'un type en panne ou accidenté sur la BAU appelle des secours (ou que quelqu'un le fait pour lui s'il est mal en point). Il est alors aisé d'avoir accès à l'heure d'appel puis à l'heure d'arrivée des secours. Si le gazier est mort à l'arrivée des secours, on approxime grosso modo en considérant que les secours ne mettent pas non plus trois quarts d'heure à se pointer. Là ça devient compliqué, et mon cerveau tourne trop vite. Trop de possibilités rendent cette solution absolument bancale, même si elle représente, je pense, la plus plausible des deux (solutions).


    Permettez que j'abrège. Cette espérance de vie sur l'autoroute me paraît quand même être plus ou moins une vaste imposture. Ou alors je suis totalement largué (ce qui est fort probable, j'ai calculé que mon espérance d'écrire un truc sans être largué est d'exactement 3'52"). En tout cas je ne sais pas d'où sortent ces 20 minutes (je dis ça mais hier j'ai entendu 15).
    Cependant par précaution, je vous en conjure, mettez votre gilet jaune, et restez du bon côté de la glissière, 20 minutes ne suffisent généralement pas à l'arrivée de la dépaneuse. D'ailleurs j'y pense, les dépaneurs doivent trouver un paquet de morts !! Ils doivent stresser n'empêche : "putain Jean-Louis dépêche toi, t'as 20 minutes bordel !!".
    J'attends impatiemment que les hautes autorités nous dévoilent l'augmentation significative de l'espérance de vie sur bande d'arrêt d'urgence due au port du gilet jaune.
Par PimenT - Publié dans : Le PimenT PiQuE
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Dimanche 22 juin 2008
    Les beaux jours et l'envie reviennent. L'envie de produire quelques bons mots, une ou deux jolies phrases, pourquoi pas, à n'en pas douter mon talent le permet. Les beaux jours, ben les beaux jours quoi. Je ne vous ferait pas l'affront de vous parler du temps, nous sommes bien au dessus de ces considérations entraînant conversation futile sur babillage inconsistant (tout de même il était temps).
L'envie de râler aussi, sans doute. Il suffit. Fichtre, peste et compagnie. Je me trouve un peu acculé puisque, malgré l'envie florissante et l'inspiration naissante, je suis un peu dénué de sujet précis. Et je crains le pire car vu le bouillonnement interne le risque de partage en gesticule est plutôt élevé. Je dirais 7 sur l'échelle de Jean Voichier.

    J'essayerai donc tant que faire se peut de canaliser mes accès de... de quoi d'ailleurs ? Mes accès de raaaAAAAaaaaAAaaagrmbl disons. Je ne me prends vraiment pas pour un type disposant de l'esprit nécessaire à une quelconque critique du monde qui nous entoure, de notre merveilleux pays peuplé de monstres gentils. Cependant la tentation l'emporte, il faut que j'en sorte un peu. De toute manière je m'en fous pas mal si je n'ai pas l'esprit patati patata, je fais bien ce que je veux. Rassurez vous je ne basculerai point dans le révolutionnarisme primaire, enfin j'espère.

    Et la carotte, elle met le chocolat dans le papier alu.
    Pourquoi donc une carotte me direz vous. Ne faites pas les ptits malins, je sais que vous fusionnez d'impatience (oui, oui, si fait) de savoir de quoi diantre il peut bien retourner. Je vais vous éclairer. Hop. Je suis assis là suant un brin, ventilé pourtant, collant au dossier de mon siège si confortable, et je me dis qu'on vit une époque de plus en plus formidable, porté par tout le cynisme dont je suis capable, baigné par mon sel et mes sarcasmes.

Une époque où la carotte commence à reigner en maître. Ou plutôt en maîtresse. Le maître c'est son grand pote le bâton. La carotte et le bâton. On connaît fort bien sieur bâton depuis quelques temps, j'éviterai d'enfoncer le clou. La carotte un peu moins. C'est nouveau. Enfin plus ou moins. Disons qu'elle devient fort audacieuse l'oblongue orangée. Pour contourner les risques suscités je m'appuirai sur un exemple de carotte récent qui ma foi me paraît fort représentatif de mon argument (si toutefois il est permis d'oser ainsi qualifier ce texte (j'ose)).

    J'ai récemment appris en même temps que la plupart de mes concitoyens prêtant petite oreille aux actualités qu'une association réclamait un bonus de point au bac qui serait attribué aux "personnes souffrant d'un problème de surpoids" tentant d'y remédier par les plus grands efforts dont ils sont capables. Je guillemète car il serait bien plus pratique de les appeler les gros, seulement c'est apparemment inconvenant, en plus d'être pratique. Choisissez votre camp. Nous autres Français aimons le politiquement correct, les gros sont des personnes souffrant de surpoids, les vieux des personnes âgées, les handicapés sont des personnes à mobilité/capacités réduites etc...
Attention, je n'ai rien contre les rondouillards, les enrobés, les obèses, les bien en chair (ni contre les handicapés ou les vieux, quoique...), n'y voyez aucunement la marque d'un manque de respect. Une petite impertinence latente, tout au plus. Rien de bien grave. 

    Venons en au fait. Un bonus de points. Au bac. Pour les gros. Qui essayent de maigrir. Ha ! Lorsque pour la première fois cette idée parvint à ma connaissance je me suis interrogé tout de go. Est-ce que le surpoids entraîne une diminution des capacités cognitives ? Mon bon sens paysan allié à une puissante culture scientifique m'indique qu'a priori non. A posteriori non plus. Alors ? Alors j'ai dû chercher, et prêter oreille attentive aux explications données par l'association en question. Laissez moi vous exposer la raison, une belle carotte risible. Il s'agirait en fait (j'utilise le conditionnel pour des raisons évidentes) d'une nouvelle forme de lutte contre l'obésité. Ah ? Oui ça m'a fait ça aussi.

    Donc, le gros qui passe son bac se verrait octroyer 18 points (pas sûr du chiffre). Et comme par miracle ce magnifique cadeau arbitraire provoquerait chez lui une prise de conscience ainsi qu'une motivation à toute épreuve lui permettant enfin de rejoindre l'univers des pas gros. Pardonnez mon incrédulité mais je doute, je suis sceptique et un peu coi. Ah oui et je me marre pas mal aussi malgré l'aspect pathétique indéniable de la chose.
    Si vous avez bien suivi vous avez noté l'utilisation du terme "arbitraire". Il est apparu car je me demande bien comment pourrait se faire la sélection à l'accession aux points de la lutte. Il y aurait un poids minimum ? Un indice de masse corporelle ? Et n'oublions pas que le candidat devrait pour bénéficier du bonus montrer qu'il fait les efforts nécessaires pour mincir. Faudrait-il alors produire une vidéo sur laquelle on verrait le gros faisant des exercices ? S'entourer d'un staff médical assermenté pouvant attester des efforts produits ? "Attendu que l'individu Jean Bono, en présence de l'huissier nutritioniste assermenté Jean Nhairienafouthre, a produit tous les efforts nécessaires pour mincir, j'autorise l'attribution du bonus." Non, pardon mais non. Et je ne parle même pas des benêts un peu rik et rak en terminale qui auraient la géniale idée de grossir pour accéder aux points supplémentaires.

    Intention ô combien louable de vouloir lutter contre ce fléau moderne qu'est l'obésité, je suis le premier à applaudir des deux cuisses, mais franchement, trouvez de vraies idées. Des idées qui feraient comme si les gens n'étaient pas trop cons, des idées qui reposeraient par exemple sur l'apprentissage, sur l'éducation, sur la prévention, plutôt que sur la carotte et le bâton. La tentation est grande de faire le parallèle avec le fameux bâton "radar automatique et armées de policiers bardés d'infâmes quotas", mais je laisserai cela pour plus tard. Encore une fois j'ai la critique facile, et je ne propose pas grand chose. J'en suis conscient et désolé, mais là j'avais juste envie de râler, car en ce qui concerne la carotte et le bâton finalement, je crains le pire pour nos fondements.
Par PimenT - Publié dans : Le PimenT PiQuE
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Mercredi 27 février 2008
J'ai la bagatelle pour atèle
Indomptable gazelle
Dévorant le ciel
De mes années les plus belles

Saule en selle
Pleureur d'arc-en-ciel
Seul pour celle
Qui restera belle
Devenue celle
Que mon coeur appelle

Un coeur d'hirondelle
Une âme un peu frêle
Aux dessins isocèles

J'ai la bagatelle
Pour atèle...
Par MieL - Publié dans : Le MieL est dOuX...
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Lundi 25 février 2008
Un frisson me parcourt.

Je pense à elle.

Ce bureau est juste un peu trop froid, un peu trop étroit, pour contenir mon âme vagabonde, pour me contenir moi. Je dépasse, je déborde, je m'enfuis, je m'envole. Prisonnier de ces stores protecteurs, toujours baissés, je n'ai d'autre choix que de torturer mon clavier. Mes yeux fatiguent, mon cerveau enfle. Je me sens sec et fatigué. Et pourtant nous sommes en milieu de matinée... Seulement. Le temps est ici perfide, sans doute courbé par l'armée de travailleurs unanimement tournés dans le même sens, pédalant vaguement de leur énergie molle pour faire avancer la déesse suprême entreprise.

Je flotte entre deux mondes, parallèle aux êtres qui m'entourent, qui m'indiffèrent mais me perturbent. Ils s'agitent, s'énervent, communiquent, inconscients, aveugles et bornés. Ils galopent, traînent de réunion en café en clope, se vautrent dans leur inutilité flagrante et m'enveloppent de leur apathie sournoise. Moi, je recule, j'observe, j'écoute, j'interprète. Je suis consterné. Je m'interroge tout en trompant l'ennui, repoussant les assauts incessants de la contagion. Ils sont tellement prévisibles. Un bétail ordonné et hypocrite. Une chaîne. J'en suis un des maillons, par faiblesse. Le pire, malgré mes dissidences, étant que je suis sans doute un des maillons forts, si seulement il en existe.

Ma concentration s'évapore...

Nuage sombre et rayon de soleil.
Cliquetis intempestifs et odeurs vagabondes.
Ma bouteille d'eau à moitié pleine, à moitié vide, trône devant le téléphone toujours silencieux. Mes doigts ralentissent. La musique lancine... Les gens passent, bonjour, repassent, claquent, rebondissent, ineptes baudruches dégonflées, insipides, conformes.

Un frisson.
Un coeur qui gonfle, qui se remplit, doucement, il n'est plus habitué, il est encore un peu fragile.
Une pensée, des pensées, toutes mes pensées.
Elle.
Ses yeux... Elle me sourit. Je ferme les yeux.
Je pense à elle...
Par MieL - Publié dans : Le MieL est dOuX...
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Dimanche 24 février 2008
"Paroles élogieuses que l'on adresse  à quelqu'un pour le féliciter" (Petit Larousse Illustré)


    Qui n'aime pas recevoir de compliment? Nous sommes bien d'accord. Alors quel est le problème?
Car à mon très humble avis, problème il y a. C'est du moins ce que je constate presque quotidiennement autour de moi.

    Franchement les gens c'est quoi votre souci avec les compliments? Merde!! Sans déconner. Aujourd'hui tu ne peux plus faire un compliment sans que l'autre en face se mette à flipper en se demandant ce que tu peux bien lui vouloir. Et du coup à force, l'hésitation, le doute, voire même la culpabilité rongent quiconque se trouve subitement pris par l'envie de faire un compliment. Le quidam se retrouve alors plongé dans une sorte d'hébètement catatonique, paralysé par ses émotions et surtout par l'éventuelle interprétation qui pourra être faite de son gentil compliment.

    Le compliment se transforme en fait en maléfique source de stress, de tergiversations intenses et le résultat de ce diabolique processus est tout simplement le ravalement dudit compliment, sous diverses fallacieuses excuses visant à se persuader que c'est mieux ainsi : il le sait déjà, quelqu'un d'autre le lui dira, finalement sa chemise n'est pas si classe que ça, je prendrais bien un café plutôt (ah non Pluto c'est le chien de Mickey) etc...

    Vous avez bien lu, je considère effectivement que cette preuve d'intérêt et de gentillesse absolument délicieuse se diabolise. Le phénomène ne s'arrête pas là. Le pauvre bougre qui tente malgré tout d'exprimer ses velléités complimentatoires passe aujourd'hui au mieux pour un type bizarre, au pire pour un abruti/pervers/bisounours. Où va le monde?

    Sérieusement, d'après mes sources il était une fois où les compliments faisaient partie des conversations badines et désinvoltes, que ce soit entre gentilhommes, entre bonnes femmes (ben oui désolé, gentilhomme c'est plus classe, mais l'équivalent quand on y pense... ben... bonne femme), ou entre gentilhommes et bonnes femmes. Ils exprimaient alors une simple observation, plus ou moins objective et sincère et étaient accueillis de la plus courtoise des manières. Aujourd'hui le compliment est vil et fourbe, perçu même parfois comme une agression ou une requête alors qu'il n'est qu'expression d'un désir de faire plaisir, pur opposé de l'égoïsme lorsqu'il est sincère, incarnation de la spontanéité.

    Heureusement il existe encore des personnes qui n'ont pas peur du compliment, qui n'ont pas peur d'en faire. Le compliment ne devrait pas terrifier ni embarrasser, le compliment est une belle chose, un acte désintéressé. Le sous-entendu n'est pas permis, l'implicite doit en être banni. Cette société dans laquelle nous vivons nous influence, nous façonne, pervertit nos perceptions pour en faire une représentation du monde figée et éprouvée. Nous devons lutter de toute notre raison, de tout notre affect pour nous en libérer.

    La subjectivité nous habite, la méfiance nous contraint. Il est pourtant facile de s'en affranchir. Si on le veut bien...J'aime complimenter, j'aime être complimenté. Il m'arrive souvent d'être un peu con, un peu bizarre, certes, mais somme toute un mot est un mot, il a une signification précise, et si je l'emploie il ne veut pas dire autre chose. Tu es magnifique, ou j'adore ce que tu fais ne sous tendent pas quelqu'idée perverse, quelqu'intention inavouée. Je prone l'explicite, disons nous les choses comme elles sont. La vie ne serait-elle pas bien plus simple sans tous ces non dits, ces dits qui veulent dire l'inverse, ces interrogations pour déterminer si le dit est un non dit et inversement? Nous ne devrions pas avoir à lutter, rien n'est compliqué quand on y pense. Quand on y pense. Il faut y penser un peu...

    L'innocence d'un compliment en est bien le sens et l'essence. Qu'advient-il de notre innocence? Un jour j'espère pouvoir franchir ces limites qui ne sont miennes que par la force d'une éducation inconsciente mais tellement puissante. Je me maudis parfois de m'y arrêter, de ne pas remonter un peu la pente...

    S'il vous plaît complimentez vous, dites ce qui vous tente... Pour une fois que le PimenT dévoile un  bon sentiment...
Par PimenT - Publié dans : Le PimenT PiQuE
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Mardi 19 février 2008
    Il paraît que notre petit orteil est voué à disparaître. Triste nouvelle pour nos générations futures qui n'auront pas le bonheur de tripoter ce petit appendice, inutile au demeurant mais fort attachant. Enfin si les évènements suivent leur cours et qu'on admet la théorie de l'évolution, il y a fort à parier que le petit orteil ne sera pas seul à être pleuré...
    J'imagine l'être humain nouveau, l'avenir : dénué de toute inutilité, libéré de ses entraves corporelles, entité propre et sans effort, avec une tête de la taille d'une balle de golf (oui, une grande partie de notre cerveau est inutilisée, et ça pèse lourd, il faut y monter le sang, etc...).

    Suppléé par je ne sais quel lobe de mon gros cerveau d'humain du présent je pose un regard de plus en plus consterné sur les tendances actuelles ayant cours au sein des sociétés riches et développées, gangrénées par l'empire du moindre effort. J'en suis moi même partisan, mais pas au mépris de mon cher bon sens. On veut aujourd'hui un corps sain, un esprit sain et tout le toutim, se déplacer facilement, payer moins cher, ne pas chercher, ne pas transpirer, ne pas perdre de temps. La facilité devient la norme.

    Le mode de vie de l'homme actuel génère nombre d'angoisses insoutenables transformant la vie du quidam en enfer perpétuel, lui pauvre petit être accablé qui n'a pas le temps, qui doit travailler pour gagner sa vie malgré les fourbes soucis qui ne manquent pas de le submerger. Lui qui veut être mince et beau et reposé. Lui qui veut tout de même profiter des plaisirs de la vie. Lui qui ne veut pas passer son temps libre à détendre ce qu'il a tendu lors de son temps prisonnier. Tous ensemble alors, ils marchent dans la même direction, la tête haute et le menton fier, combattant à l'unisson pour faciliter les vies. L'homme est plus fort que la nature, l'homme vaincra. Les exemples sont nombreux et révoltants pour quelqu'un qui croit qu'on n'a rien sans rien, et que rien ne vaut la satisfaction d'un résultat produit par l'effort.

    De nos jours les gens veulent avoir un corps en bonne santé et agréable à regarder (selon les critères en vogue, éminemment discutables, mais pas ici). On n'accepte plus la maladie, on se vaccine contre tout, on se médicamente outrageusement. On n'accepte plus les bourrelets, les rides, les peaux flasques, les défauts. On veut tout, tout de suite.
    La première pensée qui me vient, à moi, modeste épicurien un brin culpabilisé acceptant tout de même les contreparties d'une vie dissolue, pourrait s'énoncer ainsi : si tu veux être en pleine forme et athlétique, il suffit de manger équilibré, de faire de l'exercice et de dormir suffisamment (si si, ça marche, nous sommes d'ailleurs plus ou moins faits pour ça). Seulement voilà, il faut pour y parvenir se soustraire à moultes mauvaises habitudes, oublier certains petits plaisirs, se désincarcérer d'une partie de notre éducation alimentaire qui est bien souvent ratée (ce qui est une conséquence du problème que j'évoque, plaçant mon analyse au coeur même du plus vicieux des cercles). Il faut aussi du temps (pour l'exercice).

    Du moins c'est ce que je croyais. Sous mes yeux ébahis s'étale en effet la triste réalité : pas mal de gens se consacrent à inventer des méthodes toujours plus ingénieuses pour remédier à tout ça en un minimum de temps et d'effort. Le sport ? Pfff, "has been" (yeah one again). Il suffit de se mettre dans un machine à transpirer pour perdre en 30  minutes 2% de masse graisseuse (très important les chiffres, ça impressionne toujours). Ah bon. Plus besoin de se fatiguer à pratiquer une quelconque activité physique. Dommage... Les gens oublient à quel point le sport fait du bien. J'en veux pour preuve la quantité de substances euphorisantes produites par notre belle machine lors d'un effort (certains sont même drogués au sport, mais c'est un autre problème, l'excès étant néfaste dans un sens comme dans l'autre. Equilibre vous dis-je.). Je ne suis pas un connaisseur mais il me semble bien que dans une machine à transpirer le corps ne relâche pas grand chose à part de la sueur (et le reste ne nous regarde pas, chacun relâche ce qu'il veut dans la machine)...
    Et même sans parler de sport, qui fait encore l'effort de monter par l'escalier, ou de marcher (ce n'est pas un gros mot, non), tout simplement, pour se déplacer ? Quand je vois certaines personnes descendre un étage par l'ascenceur et se plaindre de devoir faire un régime il me vient d'irreprécibles envies de gifles. Alors oui on pourra m'objecter blablabla...retour en force de la bicyclette...blablabla...retour à la nature...blablabla...conscience collective...BLABLABLA MON OEIL ! Si les gens se remettent au vélo c'est juste parce que les axes de circulation automobile sont saturés. Je suis prêt à parier que si on pouvait garantir un trajet maison/travail sans bouchon aucun à tout le monde, beaucoup abandonneraient ces jolis vélos qui font (un peu plus) la richesse de deux sociétés effrontément prospères.

    La voiture tiens, parlons en. Parfait exemple de cette course à la facilitisation (tout à fait). On nous transforme peu à peu en assistés notoires et tout le monde est content. On nous installe des GPS, des radars de recul, des avertisseurs en veux-tu en voilà, des limiteurs de vitesse, etc. On nous prépare de nouvelles technologies qui reconnaitront les signaux routiers à notre place, freineront à notre place... Refléchiront à notre place ? Le quidam a déjà les plus grandes peines du monde à être attentif et prudent dans une automobile qu'il faut conduire SOI MEME... J'ai l'impression que le nouveau credo se rapproche de "ah c'est trop compliqué pour toi de faire attention/des efforts ? Attends on va tout faire pour que tu en aies encore moins à faire, plutôt que d'essayer de t'apprendre.". A ce moment là ça s'appelle prendre le train et on transforme les autoroutes en voies ferrées. Du coup plus d'accidents, et on finira tous vieux et en bonne santé.

    D'ailleurs vieillir est devenu tabou aussi. Bouh que tu es moche le vieux, ah, cache toi. Mais pas de panique, tout un panel de solutions miracles existent pour vous transformer à loisir en sosie de statue de cire taillée par Gilbert Montagné. On vous injecte, on vous tire, on vous tend, on vous aspire, on vous refait, on vous hormone, on vous bronze, et hop vous effrayez vos petits enfants. Je n'ai pas peur d'affirmer que nous assistons sans doute à la naissance d'une nouvelle espèce : les (vieux) playmobils. En avant les histoires... Ou pas... Visages inexpressifs et figés. C'est tout de même effrayant. Surtout que je ne comprends pas trop l'intérêt vu que c'est FLAGRANT. T'es vieille t'es vieille, que t'aies l'air d'un playmobil ou d'une vieille pomme frippée, le fait est là, et tout le monde le voit. Sans doute une façon d'exprimer le déni d'âge...
    Je vous vois venir. Je claque du bec bien sûr, moi jeune et frais comme le boursin, dans la fleur de l'âge. Peut-être l'illumination viendra au crépuscule de ma vie, alors que ma vie n'aura été qu'accumulation d'échecs et de frustrations entrecoupés de quelques plaisirs simples et trop vite disparus... (envoyez les violons, larmichette, petite brise d'automne)

    L'homme de l'avenir sera peut-être une sorte d'"intelligence" pure, pouvant prendre l'apparence qui lui convient (sans effort), assisté par une multitude de gadgets électroniques lui facilitant la vie, se substituant à lui pour la moindre décision. Il communiquera avec ses semblables en chatant par l'intermédiaire du descendant des ordinateurs. Déjà de nos jours il commence à fleurir certains restaurants où chaque table est équipée d'un ordinateur permettant de communiquer avec les autres tables. J'en reste coi. Ces gens se retrouvent dans la même pièce, pour partager un repas (ce qui est le fondement même de la convivialité, convenez en), mais ils regardent tous un écran plutôt que de PARLER aux personnes qui les entourent. Je suis navré.
Ils vont bien se faire chier dans le futur.


 
Par PimenT - Publié dans : Le PimenT PiQuE
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Mercredi 16 janvier 2008
Elle surgit toujours quand je m'y attends le moins, au moment le plus innoportun, le plus paisible, le plus inapprorié pour ce genre de "conversation". Elle me harcèle. Elle me fait peur. Elle ne cesse de me parler de ma conjointe. Elle a une sorte d'accent irritant (asiatique peut-être). Elle ne comprend pas ce que je lui dit. Elle m'oublie d'un coup de fil à l'autre. Elle me raccroche toujours au nez alors que je lui fait toujours l'honneur de la plus sincère (mouarf!) des courtoisies. J'en viens même à me demander si elle ne fait pas partie d'une secte étrange (en même temps quelle secte ne l'est pas, n'est ce pas?)...

Marjorie de la centrale d'appels.

Marjorie de la centrale d'appels est toujours porteuse d'une bonne nouvelle. Marjorie de la centrale d'appels se présente poliment, puis m'informe sans même me laisser le temps de lui dire bonjour que j'ai été tiré au sort dans l'annuaire (sans blague) et que j'ai gagné un trio de boules de pétanques/un ensemble de couteaux/un barbecue électrique/un appareil à raclette. Est ce que je suis content monsieur? Euh, franchement? Et toujours sans m'accorder la moindre seconde pour exprimer ma joie et mon bonheur. Elle a raison d'ailleurs car ils sont tout bonnement inexprimables.

Elle s'empresse d'enchaîner de sa voix monocorde dotée de ce put... d'accent en m'expliquant que pour retirer mon cadeau je dois me présenter avec ma conjointe (mais bordel j'ai pas de conjointe!) dans je ne sais quel magasin de salons (mais bordel que veux tu que je foute d'un salon?!). Et là, c'est le drame. Pour faire partie de la secte il faut IMPERATIVEMENT une conjointe. C'est à ce moment de la "conversation" que je souligne finement que je n'ai pas de conjointe (bordel!!!!) et que paf sans coup férir elle raccroche.

Pensez vous qu'il me viendrait à l'idée de la couper au cours de l'appel pour gentiment lui expliquer que je ne veux plus être "tiré au sort" dans l'annuaire, que c'est la seizième fois qu'elle m'appelle et que nous cloturons toujours l'affaire sur mon absence de conjointe? Mais bien sûr que ça me vient à l'idée! Ne me faites pas plus con que je ne le suis déjà, s'il vous plaît. Bien sûr que j'ai essayé! Bien sûr que j'ai usé de toute ma pédagogie courtoise (toujours). Seulement voilà, je me suis heurté à un mur d'incompréhension doublé d'un océan de panique. J'ai essayé une fois. J'ai cru qu'on allait perdre Marjorie de la centrale d'appels. Bug, ctrl+alt+suppr, écran bleu, reboot serveur. J'imagine que mon intervention n'était pas cadrée par sa fiche "interventions possibles du client et réponses à lui apporter".

Résulat: "Est ce que vous êtes content Monsieur? Allez vous vous présenter avec votre conjointe dans notre nouveau magasin Home Salon à Portet sur Garonne pour retirer votre cadeau?"

Raaaaaaaaaaaaa! C'est ce jour là que j'ai trouvé la formule magique : "Je n'ai pas de conjointe." Cette formule toute simple au demeurant provoque irrémédiablement la fin du coup de fil. Elle raccroche. Quoique tout à l'heure (son 17ème appel) elle m'a fait peur : "Vous n'avez pas de conjointe? Vous n'avez pas une amie qui pourrait venir avec vous?". Meeeeerde elle a de nouvelles fiches. Genre bientôt elle va me suggérer de descendre dans la rue trouver une bonne âme féminine prête à m'accompagner chercher mon barbecue électrique chez Home Salon à Portet sur Garonne. J'ai tenté le tout pour le tout : "Non". Et sbam, elle a raccroché. J'ai peur. La prochaine fois risque d'être compliquée...

Si ça se trouve petit à petit elle essayera de me piéger, de me forcer la main fourbement, elle me suggérera de demander à ma soeur, à ma mère ou je ne sais qui. Qui sait quels stratagèmes perfides elle aura sur ses fiches au prochain appel? Ceux qui la manipulent, ses gourous, sont malins. Ils savent qu'elle ne me comprend pas, ils savent qu'ils finiront par trouver la faille, et moi je serai obligé d'abdiquer après 2h15 de lutte intense. Je me retrouverai un samedi après midi dans un magasin de salons à quémander un barbecue électrique. Cette idée me pétrifie d'effroi. Je ne sais pas combien de temps encore je pourrai leur résister. Han, je viens de penser qu'en plus je suis un jeune homme en bonne santé, en pleine possession de ses moyens. Imaginez ce qu'ils peuvent infliger à une personne affaiblie moralement... Je préfère occulter cette vision d'horreur.

La secte est en marche, bientôt des dizaines d'âmes en peine arpenteront les magasins de salons en psalmodiant d'incompréhensibles demandes concernant des appareils électriques ou des sets complets de couverts. Je ne veux pas faire partie de ces pauvres clampins!

Je
ne
veux
pas!

NON!

Marjorie de la centrale d'appels, laisse moi tranquille!!
Par PimenT - Publié dans : Le PimenT PiQuE
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Samedi 12 janvier 2008
Si les dieux sont émus nous le sommes aussi
Etreints par la peine qui consumme nos ailes
Petits anges déchus cherchant leur paradis
Petits morceaux de haine assaillis par la grêle

Etonnés ébahis connivence mystique
Il est parti sans moi que n'étais je présent
La tristesse s'écrit devient beauté unique
Juste encore une fois pour le voir simplement

Sous les nuages sombres abruti de chagrin
Un homme cherche son ombre en dehors du chemin
Un ange cherche ses ailes abattu par le vent

Les sentiments trop froids le regret éternel
S'étendent se déploient en cet être trop frêle
Goûtant les larmes miel d'un souvenir d'enfant

Par MieL - Publié dans : Le MieL est dOuX...
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Vendredi 7 décembre 2007

Un obscur étrange me mange
Dérange
Me démange.
Qu'on me procure un ange
Qu'on en ôte la fange
C'est l'amour que je venge.

Voir sans savoir
Croire sans l'espoir
Boire les écarts.
L'âme est un écritoire
Le renouveau se fait lavoir
Un monde à part
Construit sur le pouvoir
De croire...

Face au mur net de toute fracture
Envahi par les mûres
Mon coeur masure
Plus fragile qu'un vieux fémur
Pleure un hiver trop mûr
Prend l'espoir pour musculature
Digère les cassures, les périodes dures
Qui durent
S'assure contre les engelures futures.

Voir ou savoir
Croire en l'espoir
Boire les écarts.
L'âme est un écritoire
Le renouveau en est le lavoir
Un monde à part
Construit sur le pouvoir
De croire...

Libéré de tout fagot
Un être nouveau
Un ange parmi les plus beaux
Gravit les côteaux
Brûle les écriteaux
Vers celui qui attend plus haut.
Qui lit ce panneau
Ce brûlot
Partage les mots
Oublie ses maux
Ceux qui font couler l'eau
Au fond d'un regard grelot.

Voir et savoir
Croire pour l'espoir
Boire les écarts.
L'âme est un écritoire
Le renouveau en est le lavoir
Un monde à part
Construit sur le pouvoir
De croire
En son regard...
 



Par MieL - Publié dans : Le MieL est dOuX...
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