Où suis-je?

Une contrée inconnue de tous s'élève, née d'un esprit tordu qui prend source aux confins de l'écriture. Ce royaume suspendu entre vos mondes s'apprête à exploser, à envahir vos âmes et vos coeurs de sa flamboyance. Le talent y est roi, l'ambition devient reine. Quelques princes combatifs et teigneux entourent ces souverains, prêts à prendre les armes pour défendre et conquérir : l'espoir, le cynisme, l'humour, l'amour... Leurs princesses frêles et fragiles ne peuvent quitter cette île, restent tranquille, abreuvent les mots de patience, finesse et tendresse, alimentent la plume de passion, colère et douceur.

Le royaume existe par la contradiction qui le caractérise et tous en jouent, acceptent l'absence de règle et se laissent porter par les humeurs, parfois la peur, souvent douceur, oublient malheur.

Ses deux messagers sont investis d'une lourde tâche. Essentielle. Communiquer. Ce royaume disparaît sans eux. De même qu'il se meurt sans univers à parasiter, analyser, décortiquer.
Il se meurt, son âme se meurt.

Cette âme qui vous parle en ce moment...


L'antagoniste roi délivre son message au miel et au piment :


"Portez donc par terres et mers
    La candeur et la colère
        La douceur et l'amer
           De notre âme mère."

PimenT
MieL
Mercredi 5 décembre 2007
    Je suis un garçon raisonnable, réfléchi et plutôt futé. Raisonnable, des fois, réfléchi, j'y arrive en forçant un peu, et plutôt futé quand je n'ai pas la flemme. Enfin je crois. Toujours est-il que cet état de fait presque avéré me porte souvent dans un monde peuplé de questions insolubles, plus ou moins intéressantes selon arrivage. Elles n'ont pour moi aucune réponse claire, ou bien certaines d'entre elles admettent une réponse un jour, puis son opposé le lendemain. J'imagine que cela est dû en partie à mon côté "personnalités multiples" (aucun rapport avec le MieL, je tiens à le préciser. Je n'ai en effet rien à voir avec cet énergumène habité par la mièvrerie romantique, sans médisance aucune.).

    Une de ces questions qui vient me gratouiller régulièrement porte sur le sport. Ne partez pas! Ce n'est pas un gros mot. J'ai un mal fou à me décider en ce qui concerne le sport. Mon être fragile balance entre deux propositions :

1) Le sport c'est bien. Il faut avoir une vie saine, manger correctement et à heure fixe, limiter les excès au maximum, ne pas fumer, ne pas boire (d'alcool), se coucher tôt, pratiquer une activité sportive régulière pour avoir une vie longue et agréable, sans maladie fourbe et désagréable (statistiquement parlant, évidemment, je n'y peux rien pour les malchanceux). Pour ne pas cracher ses poumons tous les matins. Pour être toujours frais et dispo la semaine au travail, et le week end pour faire des randonnées et du point de croix.

2) Le sport c'est bien, MAIS, la vie de 1) c'est quand même sacrément chiant, alors on peut essayer de mixer la vie saine parfaite et la vie de débauche, trouvant ainsi l'équilibre sanitaire/amusement parfait, histoire de ne pas crever dans d'atroces souffrances avec des poumons et un foie en mousse tout en profitant des plaisirs de la vie.

    Cette dernière assertion montre que finalement la question ne se réduit pas à un simple choix entre deux modes de vie. La question est bien plus vaste et porte en fait sur la possibilité de trouver le juste équilibre, voire le bonheur, par extension. Plutôt le bien être, bien dans son corps (= j'ai une vie relativement saine et mon corps me remercie), bien dans sa tête (= je profite de mes amis, de mes soirées, je m'accorde nombre de plaisirs nocifs à ma santé).

    Si on pousse un peu l'analyse, l'interrogation comporte deux parties distinctes. La première se résume à : suis-je un utopiste? La deuxième n'existe qu'en cas de réponse négative à la première : comment trouver cet équilibre?

    Comme précisé plus haut je me comporte en girouette face à ce genre de problème. Par exemple, aujourd'hui. J'ai repris le sport hier soir après plusieurs semaines honteusement dissolues. Autant vous dire que j'ai sérieusement morflé. C'est simple, j'ai cru mourir. Bon. Ce constat m'a amené à me remettre en question, à remettre en question mon rythme de vie. Encore. Sachant très bien que je ne dégagerai certainement du processus aucune conclusion satisfaisante.

    Je fonctionne inconsciemment par périodes, mais je dois avouer que j'ai dû mal à tenir très longtemps les périodes "saines". Je me rends bien compte que j'y suis nettement plus en forme et performant, mais ma volonté chaotique finit toujours par me trahir pour me laisser retomber dans la flemme sacrée, tel un mollusque mou se laissant porter par les vagues pernicieuses de la dépravation. Je dois être un peu con. Et faible.

    En fait je me dis que nous en sommes tous au même point, du grand sportif à la loque finie, de l'ouvrier exploité à l'artiste maudit. Nous savons que nous allons y passer tôt ou tard, nous ne le savons que trop bien, mais nous gardons tous bien au chaud le secret espoir candide que notre mort dera douce et tardive. Certains auront de la chance. D'autres non. Mais c'est bien connu, ça n'arrive qu'aux autres. Jusqu'au jour où...

    Puisqu'il paraît évident que cette question restera sans réponse pour moi, peut-être ferais-je mieux de laisser courir et de faire suivant mon instinct et mes envies, peut-être ferais-je mieux d'arrêter un petit peu de me faire des noeuds inextricables au cerveau. Peut-être ferais-je mieux d'être un peu moins con...

    Parfois j'aimerais sincèrement être con pour de vrai, afin d'échapper à ce genre de question existentielle. J'occuperais alors mon esprit avec de réelles interrogations, de celles qui comptent. Je me demanderais si oui ou non je dois prendre un 6ème crédit à la consommation afin de faire l'aquisition d'un écran plasma pour regarder la star academy.
Par PimenT - Publié dans : Le PimenT PiQuE
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Lundi 3 décembre 2007
Et si un jour, et si, juste pour voir ma foi
Emprunt de dérision j'abandonnais tristesse
Alexandrin par ci alexandrin par là
Sonnet et précision pour toucher l'allégresse...

Farandole inutile, enchevêtrement futile
Les mots innondent, l'improvisation gronde
Ils sonnent un peu pour rire
Cherchent le sourire
Chassent ces fantômes
Inquisiteurs, envahissants
Et dévoilent quelques arômes
Novateurs et grisants

Et si un jour, une fois, c'était facile
D'un instant oublier l'obscurité habile
Le temps qui file
Pour goûter au subtil
Juste aux sensations tactiles
Juste aux victoires minimes
Au bonheur magnanime

Et si aujourd'hui, et si tout était infime
Même l'infâme
Infini fané
Face aux forces intimes
A la volonté féroce
D'un petit être que son passé cabosse...
Par MieL - Publié dans : Le MieL est dOuX...
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Samedi 1 décembre 2007
    Je suis vieux. C'est officiel. Je me suis toujours plus ou moins dit que je ne serai jamais dépassé par les évènements comme j'ai vu mes parents l'être. La naïveté de la jeunesse, on se croit invincible, plus malin que tout le monde, jeune pour toujours, les vieux ont tort. Et puis au fil du temps on s'aperçoit que les vieux avaient plutôt raison la plupart du temps, on se sent un peu con, mais on continue à se bercer des même illusions. Faut quand même le vouloir pour être à la rue comme les vieux sans déconner. Jusqu'au jour où...

    Jusqu'au jour où paf sans prévenir le couperet tombe, net et implacable. Hier soir j'ai parlé à un slimy, un jeune. Il doit avoir chais pas moi, peut-être 16 ou 17 ans. Un jeune fashion, avec un slim, du gel plein les veuchs, et des chaussures vraiment étranges (= très très moches). Moi, goguenard comme un con, je n'ai pu m'empêcher de lui demander mi-moqueur quel était donc ce modèle de chaussures. Je me sentais en confiance notamment grâce à la présence à mes côtés d'un autre vieux. La réponse a fusé : "ben c'est des chmoufs!! Tu connais pas? Regarde (il me montre sous la semelle, han il y a des feuilles de canabis)", avant d'ajouter "Ben ouais des chmoufs, t'imagines pas ce que je peux choper comme meufs avec ça". Ah. Mais sympa quand même le type.

    C'est pas compliqué, je me suis revu 10 ans en arrière, tout fier de mes nike air devant mon père qui ne voyait pas bien la différence avec ses coq sportif, et qui de toute manière ne savait pas ce qu'était "nike". Sauf que là ben le papa c'est moi. Non je ne sais pas ce que sont des "chmoufs" (pour ceux qui me lisent et qui connaissent, je sais que ça n s'écrit pas comme ça, patience, j'y viens). Sauf aussi que moi je vois bien la différence avec mes pompes à moi.

    Je me sens bien incapable de vous décrire la chose. J'ai donc courageusement décidé d'investigoogler. En fait la marque exacte est "shmoove" (yeah!). Les siennes étaient blanches, un peu pointues, avec des décos genre à l'ancienne (vous savez, des touts petits trous sur le devant et les côtés qui font des jolis dessins). C'est un savant mélange entre basket et chaussure classique paraît-il (je cherche encore, et la basket, et la chaussure classique). Enfin toujours est-il que les slimmy ont vite adopté cette marque. Je vous invite à chercher quelques images pour vous rendre compte par vous même. C'est indescriptible vous dis-je.

    Mes investigations m'ont même mené ncore plus loin. Au delà de toute frontière, j'ai découvert un monde que je n'imaginais pas. A farfouiller en quête d'images de chmoufs je me suis rapidement retrouvé au milieu de forums absolument délicieux. Les gens s'y réunissent pour se donner des conseils de mode apparemment. Un sujet par exemple : "Mocassins noirs ou marrons avec un slim?".

    J'ai ouvert pour voir, un peu méfiant tout de même, territoire hostile. Le jeune en détresse se demandait, et du coup demande à tout le monde, s'il peut mettre des mocassins avec un slim, et si oui, quelle couleur sera le mieux. Et peut-il oser le slim/mocassin pied nu, même l'hiver (et le bon sens paysan? Tu crois pas que tu vas te les peler un peu pieds nus en hiver? Et ta maman elle le sait pas ça peut-être?). Tout celà est véridique, je n'en rajoute même pas. Le pire c'est qu'il a récolté un bon paquet de réponses!! Le plus hallucinant c'est que le type demande si quelqu'un aurait des photos pour voir o_O. Le miroir c'est dépassé aussi? Je sais pas moi, mais si tu veux voir comment ça fait, tu mets ton plus beau slim, et tu vas chez le marchand de mocassins qui selon toute vraisemblance aura des miroirs en plus des mocassins. Non?

    Ben non. De toute évidence de nos jours il faut demander la permission à la communauté avant d'oser sortir avec ce qu'on a envie de mettre. Il est impossible de juger par soi même ce qui va bien ensemble ou pas (cherchez pas le slim ça va avec rieeeeeeeeeeeeeeeeeeen!!! hem, pardon). Le jeune aux mocassins a eu sa réponse. Le slim/mocassin ça fait un peu BCBG du 16ème, à lui de voir s'il aime et est prêt à assumer. De plus il semblerait que les mocassins se porteraient plus avec des "semi-slims". Je retourne m'informer avec tout le professionalisme qui me caractérise. J'ai découvert d'autres choses qu'il me tarde de partager.
Par PimenT - Publié dans : Le PimenT PiQuE
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Samedi 1 décembre 2007
    La misère et la pauvreté s'étendent sur notre pays, dans nos villes, l'air de rien. Et personne ne semble s'en inquiéter outre mesure. Pourtant certains signes ne trompent pas. N'avez vous rien remarqué? Chaque jour ils sont de plus en plus nombreux ; ils sont partout, dans les bars, dans les rues, dans les magasins, dans les discothèques... Ils mènent leur vie comme si de rien n'était, mais leur vue me glace le sang. Serais-je le seul à m'émouvoir de cette tragédie? Elle se joue sous nos  yeux quotidiennement, inexorablement. Par ce texte j'ambitionnne d'éveiller les consciences, d'exalter la solidarité, de transcender la notion de fraternité, afin que nous puissions tous aider ces jeunes dans un élan commun de générosité spontanée et flamboyante.
 
I HAVE A DREAM!!
 
    Hem. Je prends conscience que vous n'avez peut-être pas encore compris de quoi, ou plutôt de qui, je veux parler. Je ne vous en veux pas, et pour les plus lents je consens volontiers à développer mon propos. Mon apparition subite aux barricades de la tolérance et de l'entraide peut surprendre ceux qui me connaissent. Je ne suis pas un meneur, je ne suis pas de ceux qui soulèvent des populations, mais l'horreur a ses limites que l'indiscible repousse encore plus loin que les miennes (de limites). Je ne comprends pas non plus la fin de cette phrase, mais c'est venu comme ça. En un mot comme en cent, il suffit. Il faut agir. Et vite. Pour agir (et vite) je vais devoir me résoudre, à un moment donné, à préciser ma pensée comme promis au début de ce paragraphe finalement bien inutile.  
 
    Je viens juste de décider de changer le titre de cet article pour brouiller un peu les pistes. Je viens juste de décider de faire durer un peu le suspens. Je viens juste de décider que j'allais m'égarer un peu comme j'aime tant le faire. J'ai le temps. Je chéris de plus ces déviations un peu mystiques qui me prennent par surprise lorsque j'écris, signe que mon esprit pédale, s'évade, prend le contrôle de mes mains sans la permission de ma très sage conscience. Hop. Evidemment je prends ce faisant le risque d'égarer, en plus de moi même, quelques lecteurs. Je considère raisonnablement pouvoir affirmer sans frémir que le cardinal de l'ensemble "mon lectorat" n'excède pas quelques. A la lumière de ces éléments, cet égarement s'apparente donc à un véritable petit suicide littéraire (si je peux me targuer modestement d'un tel qualificatif). Ah, on me dit dans l'oreillette que si je continue je vais prendre une gifle (minimum).
 
    Rhô, si on ne peut même plus rigoler un peu! Au bureau... Tout seul... Comme un con... Bon ok.
 
    J'en ai vu un pour la première fois en vrai au mois de janvier si mes souvenirs sont bons. Je ne sais pas exactement quand a commencé le phénomène mais il s'amplifie à une vitesse phénoménale. Je parle ici de ces jeunes péons qui n'ont pas les moyens de manger ni de s'acheter des vêtements. Ils sont maigres, et portent des jeans cigarette taille 8 ans, les vieux polos et chemises de leur grande soeur, les anciennes lunettes de soleil de leur père (voire de leur mère dans le pire des cas), les converses miteuses de leur grand frère et la coiffure de... euh... chais pas moi, Fonzie? Leurs copines se balladent affublées de leur collant de danse avec parfois une mini jupe par dessus, leurs ballerines et une sorte de sac à rayures pour couvrir le haut du corps. Elles partagent les goûts des messieurs pour les lunettes de soleil. Il est à mon sens révoltant d'accepter que la pression sociale qui pousse ces jeunes gens à dépenser toutes leurs économies dans des ipods, téléphones portables derniers cris, etc... au point de ne plus pouvoir se nourrir et se vêtir convenablement continue son intolérable progression.
 
    Comment imaginez vous la vie coincé dans un jean full moulant avec les lunettes de soleil de Tom Cruise dans Top Gun (ou Ponch dans Chips, au choix), condamné à subir les quolibets incessants des gens normaux, à prévoir à l'avance toute envie pressante ou toute érection inopinée qui risquerait de littéralement faire pêter la braguette? Ces jeunes gens doivent vivre un enfer sans nom. Certains ne parviennent même pas à remonter leur pantalon jusqu'en haut des jambes pour sauver le minimum de dignité qu'il pourrait leur rester... L'autre jour j'en ai croisé un qui portait des espadrilles!! D'authentiques espadrilles informes à semelle de corde. Le malheureux ne pouvait même pas espérer les dissimuler un peu sous son pantalon puisque ce dernier lui moulait le mollet au point d'en voir ses varices au travers du tissu, conséquence inévitable d'une malnutrition avérée et d'un manque d'exercice flagrant.
 
    La situation est terrifiante. Avec ces vêtements, même s'ils parviennent à réunir quelques sous pour se payer de la nourriture, ils doivent constamment se méfier de la moindre prise de poids au risque de voir leur tenue se craqueler de partout pour finir en lambeaux. De plus, une fois ladite tenue enfilée, aux prix d'efforts surhumains, l'éventualité d'un changement de pantalon me semble plus que compromise sans risquer de perdre un membre. Ils ne peuvent pas rire, soupirer, marcher normalement, se pencher, plier les jambes... Le lacet de la converse se défait, il est dans la merde le type! Ces gens sont condamnés, certains n'ont pas encore fini leur croissance et se trouvent certainement plongés dans la terreur effroyable de prendre quelques centimètres qui seront fatals à leur tenue. J'éprouve la plus grande peine à continuer de vous décrire cette tragédie, je préfère m'arrêter avant que l'émotion ne me submerge...
 
    Je suis bien sûr parti du postulat flagrant que ces jeunes gens ne peuvent tout simplement pas faire exprès de s'habiller ainsi. Ils n'ont FORCEMENT pas le choix... Il est inconcevable d'imaginer une seconde qu'ils achètent en fait ces vêtements, de la même manière que vous et moi achetons nos jolis habits confortables... Nous devons les aider.
Par PimenT - Publié dans : Le PimenT PiQuE
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Vendredi 30 novembre 2007
Un cycle m'envenime. Il déploie sans relâche
Le clair et le léger en mon esprit confus,
La peste et la vermine, une ombre qui me fâche,
L'espoir illuminé, rythme le temps perdu.

Je suis un être instable accablé de contraires
Cherchant sa direction, par les vents balancé,
Un rocher dans le sable une étoile de mer
Offert à l'érosion esclave des marées.

Mon humeur s'évapore ou bien se cristallise
Précipite encore mes ardeurs à sa guise
Un jour les liquéfie le suivant les sublime.

L'étreinte est féroce la diabolique emprise
Empreinte de force ne se veux pas soumise
Et rythme ainsi ma vie. Un cycle m'envenime.
Par MieL - Publié dans : Le MieL est dOuX...
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Vendredi 30 novembre 2007
Les mots me hantent, l'apathie m'enveloppe. Des images me traversent, des phrases incomplètes, mais ne restent pas. Les mots sont là, acrobates déjantés incontrolables.
Je vois la vie en vers, soupçon d'intouchable.
Je vois la vie en prose, touche d'insoupçonnable.
La tourmente gronde et je sonde chaque parcelle de mon âme que le chaos morcelle.
Tout s'entortille tout s'envole, je suis un champ de myrtilles où les oiseaux convolent.
Le fugace y cotoie l'éternel, l'ombre caresse la lumière, l'espace cherche le temps.
Ma volonté vacille, fragile. Esquif de pacotille, visiteur d'ennui, l'inspiration manigance, entreprend puis reprend, me méprend, m'envahit, me fuit.
Une brume insondable s'étend parfois, mes yeux humides ravivent la foi, nourrissent le brouillard.
Je nage en plein désert, la solitude me vénère, pâle lueur de réverbère.
L'océan se retire, devient mer. Le calme précède la tempête, la mélancolie déchaîne les vents, fouette les goélands. J'effraye les passants, par hasard, par bonheur, par pudeur.
Le chaos bouillonne, terrasse ce petit bout d'homme, me traverse, transperse et change la donne.
Les mots s'écoulent, ces larmes coulent, la vie déroule devant moi cet étrange vaisseau, fascinant.
Incendie d'interdits, de non-dits, mon chaos noir sur papier blanc...
Par MieL - Publié dans : Le MieL est dOuX...
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Vendredi 30 novembre 2007
Une contrée inconnue de tous s'élève, née d'un esprit tordu qui prend source aux confins de l'écriture. Ce royaume suspendu entre vos mondes s'apprête à exploser, à envahir vos âmes et vos coeurs de sa flamboyance. Le talent y est roi, l'ambition devient reine. Quelques princes combatifs et teigneux entourent ces souverains, prêts à prendre les armes pour défendre et conquérir : l'espoir, le cynisme, l'humour, l'amour... Leurs princesses frêles et fragiles ne peuvent quitter cette île, restent tranquille, abreuvent les mots de patience, finesse et tendresse, alimentent la plume de passion, colère et douceur.

Le royaume existe par la contradiction qui le caractérise et tous en jouent, acceptent l'absence de règle et se laissent porter par les humeurs, parfois la peur, souvent douceur, oublient malheur.

Ses deux messagers sont investis d'une lourde tâche. Essentielle. Communiquer. Ce royaume disparaît sans eux. De même qu'il se meurt sans univers à parasiter, analyser, décortiquer.
Il se meurt, son âme se meurt.

Cette âme qui vous parle en ce moment...


L'antagoniste roi délivre son message au miel et au piment :


"Portez donc par terres et mers
    La candeur et la colère
        La douceur et l'amer
           De notre âme mère."
Par L'âme... - Publié dans : L'âme vous parle...
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